Auteurs concernés par le thème du 12 ème SILA (SUITE)

 

 Massimo Carlotto : Auteurs concernés par le thème du 12 ème SILA  (SUITE) dans Actualité en Algérie CARLOTTO

    Massimo Carlotto est né à Padoue en 1956. Il vit actuellement à Cagliari (Sardaigne). Très tôt militant au sein du groupe révolutionnaire d’extrême gauche « Lotta continua », il est injustement condamné à 18 ans de réclusion après avoir découvert le corps d’une jeune femme, poignardée de 59 coups de couteau. Il a 19 ans.
L’histoire singulière et douloureuse de Massimo Carlotto se transformera au fil des années (jusqu’en 1993 où il obtient la grâce présidentielle) en véritable cas judiciaire (11 procès, 6 ans de prison, 3 ans de cavale).
Cette expérience terrible d’acharnement de la justice italienne, qui a inéluctablement consumé dramatiquement une partie de la vie de l’auteur, a par ailleurs alimenté son activité d’écrivain.
Les romans de Massimo Carlotto, tous emprunts de cette injuste expérience, sont en effet narrés dans un style haletant et incisif, constamment cynique, qui pourfend les certitudes morales, idéologiques et comportementales de l’Italie contemporaine. Le travail d’enquête effectué par l’auteur pour chacun de ses romans et rendu possible grâce aux amitiés liées en prison, souligne sa position inédite par rapport aux autres écrivains actuels de littérature criminelle. Et, en ce sens, il a indéniablement insufflé une nervosité nouvelle à la fiction policière de langue italienne, au point d’être considéré par la critique comme « un cas littéraire »
Il collabore à divers quotidiens nationaux. Il a également participé à l’écriture de chansons pour le disque de Maurizio Camardi, La frontiera scomparsa et de textes de théâtre (Più di mille giovedì pour l’Assembla Teatro de Turin, Il caso Spider Boys pour la compagnie romaine Riverrun).

 

   Gisèle Halimi : Halimi4 dans Actualité en Algérie

       

Gisèle Halimi est née en Tunisie. Elle entre au barreau de Tunis en 1949 et poursuit sa carrière d’avocate à Paris en 1956. Fortement engagée dans plusieurs causes, elle milite pour l’indépendance de l’Algérie et, dans le même esprit, préside une commission d’enquête sur les crimes de guerres américains au Viêt Nam. Féministe, elle est signataire en 1971 du Manifeste des 343, parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et l’avortement libre. Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle fonde en 1971 le mouvement féministe « Choisir/La Cause des femmes » et milite en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Au procès de Bobigny en 1972, elle défend une mineure qui s’était fait avorter après un viol, en faisant une tribune contre la loi de 1920. Ce procès a contribué à l’évolution vers la loi Veil de 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse.

Élue à l’Assemblée nationale de 1981 à 1984 elle constate avec amertume qu’elle ne peut faire avancer aucun de ses projets, face à ce qu’elle dénonce comme un bastion de la misogynie. Elle rejoint Jean-Pierre Chevènement à l’occasion des élections européennes de 1994. Gisèle Halimi est également l’une des fondatrices de l’association altermondialiste ATTAC.

 

 Tahar Ouattar: tahar-ouattar

     Né le 15 août 1936 à Saf El Ouidane près Sedrata, wilaya de Souk-Ahras, et grandit à M’daourouch. Il fait ses études secondaires à l’Institut Ibn Badis de Constantine puis entre à l’université Zeïtouna de Tunis en 1954. Cadre supérieur du FLN au temps du parti unique, il a été directeur général de la RTA (la radio nationale) en 1991. Actuellement retraité, dirige l’Association culturelle « Al-Djahidhia » qu’il a créée en 1989.
       » Je suis né dans un douar de la campagne, d’une famille qui comptait quatre garçons, mon père en a mis deux à l’école de langue française, deux à l’école en langue arabe. J’ai vécu dans la pureté, de l’existence, de l’âme, nourri du spectacle des collines sur lesquelles tombait le crépuscule, jouant de la flûte derrière les brebis et les oies. J’ai été témoin de l’herbisme . Ma mère accouchant toute seule, ma mère encore montant la garde la nuit sur le toit. J’ai saisi le sérieux de la nature et des hommes qui m’entouraient. Dans le coran que j’apprenais par cœur, j’ai reconnu l’éloquence et la beauté. Ceci se passait avant la Révolution ; depuis d’autres facteurs sont venus enrichir ma personnalité « .
      Journaliste et romancier, il créé en 1962-1963 les revues  » Al-Jamahir  » et  » Al Ahrar « . En 1972-1973, il dirige le supplément culturel hebdomadaire du quotidien-Al-Chaab.
      Ses travaux à caractère nationaliste prennent la défense de l’idéologie socialiste et du rôle des communistes dans la Guerre de libération. Son roman L’As (1974), en particulier, révèle leur implication dans la lutte et Ouettar y désigne au pouvoir ses nombreux échecs. Le séisme et Noces de mulet, largement allégoriques donnent un profond éclairage de la politique algérienne, sa culture, sa société, sa psychologie. Dans Les Martyrs reviennent cette semaine, recueil de sept nouvelles, Ouettar décrit la trahison envers la mémoire des Martyrs de la guerre de Libération.

  Jacques Vergès : verges

     Jacques Vergès est né le 5 mars 1925 à Ubon Ratchatani (Thaïlande), fils de Raymond Vergès, médecin réunionnais nommé consul de France en Thaïlande, et d’une institutrice vietnamienne. Il a pour frère jumeau Paul Vergès, ancien élu communiste et président du Conseil régional de La Réunion. Il conteste les dates inscrites sur le registre d’état civil, déclarant être né en réalité un an plus tôt, le 20 avril 1924 à Savanna-khet (actuel Laos), sa naissance n’ayant été officiellement déclarée que l’année suivante lors de la venue au monde de son frère. Il passe son enfance à la Réunion, fréquentant très tôt les milieux politiques de l’île et étudiant dans le même lycée que Raymond Barre. Bac en poche, il quitte la Réunion à 17 ans pour s’engager dans les Forces Françaises Libres. À Paris en 1945, il adhère au Parti communiste puis effectue entre 1950 et 1954 un séjour à Prague où il occupera des responsablités au sein de l’Union internationale des étudiants. De retour en France, il reprend ses études de Droit, obtient son Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat et s’inscrit au Palais de justice de Paris. Militant anticolonialiste, il défend les membres du FLN algérien, dont une certaine Djamila Bouhired, capturée et torturée par l’armée française avant d’être condamnée à mort pour un attentat à la bombe à Alger qui a fait onze morts. Jacques Vergès alerte l’opinion publique et obtient la grâce de la jeune révolutionnaire qu’il érige en emblème des luttes pour l’indépendance algérienne et qu’il épouse un peu plus tard. En 1957, il quitte le PCF et devient Chef de cabinet du ministre des affaires étrangères après la proclamation de l’indépendance de l’Algérie en 1962. Il fonde à Alger la revue Révolution africaine, rencontre Mao Zedong en 1963 et milite dès lors activement pour une internationale maoïste, ce qui lui fera perdre son poste de haut fonctionnaire. Il s’engage parallèlement pour la cause palestinienne auprès du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Il fonde à Paris le journal maoïste Révolution puis retourne s’installer en 1965 en Algérie après la destitution d’Ahmed Ben Bella. De 1970 à 1978, Jacques Vergès disparaît de la vie publique. Encore aujourd’hui, personne ne sait exactement où il était — en France, en Russie, au Cambodge, au Liban, au Viêt Nam, en Afrique du Sud ? — ni ce qu’il a fait pendant cette période, l’interressé laissant planer le mystère. En 1978, il publie à Paris un roman à clef intitulé L’Agenda. Brillant avocat, il défendra ensuite devant la Justice les causes les plus indéfendables et les plus tordues en matière de terrorisme ou de criminalité, n’hésitant pas à médiatiser au maximum les affaires qu’il défend: celle du nazi Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise, tortionnaire de Jean Moulin et organisateur de la déportation des enfants d’Izieu, condamné pour crimes contre l’humanité, celle de l’ex-capitaine de gendarmerie Paul Barril, condamné dans l’affaire des écoutes de la cellule antiterroriste de l’Élysée créée par François Mitterrand, celle de Louise-Yvonne Casetta, ex-trésorière occulte du RPR condamnée dans l’affaire des Marchés truqués d’Ile-de-France, celle du préfet de Corse Bernard Bonnet condamné pour avoir ordonné de mettre le feu à des paillotes, celle de l’inspecteur des RG Jean-Marc Dufourg compromis dans l’affaire du pasteur militant homosexuel Joseph Doucé, celle d’Omar Raddad, de Simone Weber, celles de plusieurs chefs d’États (Saddam Hussein, Slobodan Milosevic, Pol Pot, Khieu Samphan, Omar Bongo, Idriss Déby, Denis Sassou-Nguesso, Moussa Traoré, Abdoulaye Wade,…) mis en causes à divers titres et celles, les plus nombreuses, de terroristes ou supposés tels (Magdalena Kopp, Anis Naccache, Klaus Croissant, Max Frérot, Djamilah Bouhired, Waddi Haddad, François Genoud, Georges Habbache, Carlos, Georges Ibrahim Abdallah, etc), entre des centaines d’affaires toutes situées aux confins du politique et du judiciaire.

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